Vie étudiante

Erasmus depuis la Roumanie : un semestre à Paris, payé 824 € par mois

· Med Romania

Un semestre à Paris, Vienne ou Bologne, avec une bourse d’environ 824 € par mois, sans quitter votre cursus roumain.

C’est ce que permet Erasmus+ depuis n’importe quelle UMF roumaine — et c’est très peu utilisé par les étudiants francophones, souvent parce qu’ils ignorent que leur faculté y participe, ou qu’ils découvrent les dates de candidature six mois trop tard.

Voici comment ça marche, ce qu’il faut pour y prétendre, et pourquoi le stage clinique en France est probablement le meilleur investissement de votre cursus.

Au programme

  1. Deux types de mobilité
  2. Quelles universités, quels partenaires
  3. Les conditions réelles
  4. La procédure, étape par étape
  5. Les montants des bourses
  6. Quatre points de vigilance
  7. Le stage clinique, l’option sous-estimée

🔀 Deux types de mobilité

TypeNom officielDuréeContenu
ÉtudesSMS — Student Mobility for Studies1 semestre à 1 anCours et examens dans une université partenaire
StageSMP — Student Mobility for Placements2 à 12 moisStage clinique dans un hôpital partenaire

En médecine, chacun correspond à une phase du cursus. La mobilité d’études s’ouvre généralement en 2ᵉ, 3ᵉ et 4ᵉ année ; la mobilité de stage, en 4ᵉ, 5ᵉ et 6ᵉ.

À l’UMF Carol Davila par exemple, les études sont ouvertes aux années II à IV, et les stages aux années IV à VI. Chaque faculté fixe ses propres règles : la seule source fiable est le bureau des relations internationales de la vôtre.


🏛️ Quelles universités, quels partenaires

Toutes les grandes UMF roumaines disposent d’une charte Erasmus+ et d’accords bilatéraux.

UniversitéCode ErasmusExemples de partenaires
Carol Davila (Bucarest)RO BUCURES05Paris, Lyon, Tours, Vienne, Bologne, Rome, Madrid, Marburg
Iuliu Hațieganu (Cluj)RO CLUJNAP03France, Allemagne, Italie, Espagne
Grigore T. Popa (Iași)RO IASI01Partenaires UE
Victor Babeș (Timișoara)RO TIMISOA01Réseau européen actif
UMFST Târgu MureșRO TARGU02UE et pays tiers (KA171)
UMF CraiovaRO CRAIOVA01Partenaires UE

Une université dans le réseau Erasmus+ n’est pas une destination possible pour vous. Vous ne pouvez partir que vers un établissement avec lequel votre UMF a signé un accord bilatéral spécifique.

Demandez la liste des accords en vigueur au bureau des relations internationales avant de vous projeter sur une ville. C’est la première question à poser, et elle évite des mois de projet construit sur une destination inaccessible.


✅ Les conditions réelles

Académiques. Une moyenne générale supérieure à 7,00 ou 8,00/10 selon les UMF. L’année précédente validée, sans dettes académiques. Les frais de scolarité à jour.

Linguistiques. Un B2 minimum dans la langue d’enseignement de l’université d’accueil, certificat à l’appui selon les cas — DELF/DALF, IELTS, TOEFL, Goethe-Zertifikat.

Administratives. Être inscrit à l’UMF au dépôt et pendant toute la mobilité, et ne pas avoir déjà consommé vos douze mois de mobilité pour ce cycle d’études.

Cette dernière règle mérite attention : douze mois par cycle, c’est un quota. Le dépenser en 2ᵉ année vous prive du stage clinique en 5ᵉ — qui est, comme on va le voir, souvent plus utile.


📋 La procédure, étape par étape

1. Se renseigner — 6 à 9 mois avant

Consultez la rubrique « Relations internationales » de votre UMF, identifiez les partenaires dans votre pays cible, et notez les dates limites : généralement mai-juin pour le semestre d’hiver, octobre-novembre pour celui de printemps.

2. Constituer le dossier

Formulaire de l’UMF, relevé de notes, CV en anglais ou dans la langue d’accueil, lettre de motivation, certificat de langue et pièce d’identité.

3. La sélection

Selon les facultés : un examen écrit (60 QCM en 90 minutes à Carol Davila), un entretien de motivation, ou une sélection sur dossier.

4. Le Learning Agreement

C’est le document central, et celui qu’on lit trop vite. Il liste les cours ou stages que vous suivrez et précise comment les crédits ECTS seront reconnus à votre retour. Trois signatures : la vôtre, celle de votre coordinateur Erasmus, celle du coordinateur d’accueil.

Un cours absent du Learning Agreement ne sera pas reconnu à votre retour. Vous l’aurez suivi, réussi — et il ne comptera pas.

Relisez-le ligne à ligne, et faites-le amender si votre emploi du temps change sur place. C’est possible, et c’est prévu par la procédure.


💶 Les montants des bourses

Pays d’accueilBourse mensuelle 2025-2026
Groupe 2 — France, Allemagne, Autriche, Belgique, Italie, Pays-Bas, Irlande, Suède, Danemark, Finlande~824 €/mois
Groupe 1 — Bulgarie, Croatie, Hongrie, Pologne, Serbie, Turquie~756 €/mois
Référence UMFCD pour les sortants~674 €/mois

S’y ajoutent souvent une aide forfaitaire au voyage (2 250 RON, soit environ 450 €, à Carol Davila), un complément pour les boursiers, et parfois des aides régionales françaises.

Mis en regard du budget mensuel d’un étudiant à Cluj — entre 590 € et 1 045 € selon notre chiffrage — une bourse de 824 € couvre l’essentiel d’un séjour dans une ville française, à condition d’éviter Paris intra-muros.


⚠️ Quatre points de vigilance

Erasmus n’est pas un transfert. Vous restez étudiant de votre UMF roumaine et vous y revenez terminer votre cursus. Si votre objectif est de changer définitivement d’université, ce n’est pas le bon dispositif — notre article sur les transferts explique pourquoi cette voie-là est nettement plus difficile.

Les notes ne se transposent pas mécaniquement. Le système ECTS applique une grille de conversion. Un 18/20 français ne devient pas automatiquement un 10 roumain. Demandez la grille avant de partir, pas après avoir reçu vos résultats.

La langue d’accueil doit être réellement maîtrisée. Partir à Marburg suppose de suivre en allemand, ou en anglais si le programme l’est. Un B2 est un plancher, pas un confort.

Le calendrier est serré. Six à neuf mois d’avance. Se réveiller en septembre pour un départ en janvier, c’est déjà trop tard.


🏥 Le stage clinique, l’option sous-estimée

Si vous êtes en 4ᵉ, 5ᵉ ou 6ᵉ année et que votre horizon est la France, la mobilité de stage est probablement plus utile que la mobilité d’études.

Deux à douze mois dans un hôpital partenaire. Vous y découvrez une autre organisation du soin, d’autres protocoles, une autre relation au patient. Et surtout, si vous partez en France : vous entrez dans le système hospitalier français avant l’internat.

C’est un avantage concret, et rarement mentionné. Les diplômés roumains qui abordent les EDN sans avoir jamais mis les pieds dans un CHU français découvrent en même temps un concours et un système. Un stage Erasmus de six mois en 5ᵉ année supprime la moitié de cette double difficulté — et ajoute une ligne qui compte sur un CV d’interne.

Est-ce que ça vaut le coup ?

Oui, sans réserve, à trois conditions : une moyenne académique solide, un B2 réel dans la langue d’accueil, et neuf mois d’anticipation.

Le dispositif est financé, structuré, reconnu, et il est très largement sous-utilisé par les étudiants francophones des UMF roumaines. Pour une fois, l’obstacle n’est ni l’argent ni le niveau : c’est simplement de savoir que ça existe et de s’y prendre à temps.

Votre première démarche

Écrivez au bureau des relations internationales de votre UMF cette semaine, avec trois questions précises : quels accords bilatéraux sont en vigueur avec la France, quelles sont les conditions de moyenne, et quelles sont les dates limites de la prochaine campagne.

Ces trois réponses déterminent si le projet est faisable, et à quelle échéance. Tout le reste en découle.

Pour la suite du parcours, notre comparatif rezidențiat / EDN explique pourquoi une expérience du système français change la donne au moment de choisir sa voie de spécialisation. Et notre article sur la langue rappelle que le B2 exigé par Erasmus s’ajoute au roumain médical, sans le remplacer.

Sources. Appels à candidatures Erasmus+ 2025-2026 publiés par les UMF roumaines ; barèmes de bourses de la Commission européenne pour la période 2025-2026. Les montants et conditions varient selon les universités — vérifiez auprès de la vôtre. Vérifié le 31 juillet 2026.


🛡️ Si vous préférez ne pas le faire seul

Notre accompagnement porte sur la candidature initiale en Roumanie : vérification de chaque pièce, traductions assermentées et apostille, dépôt au secrétariat et suivi jusqu’à l’admission.

Voir comment nous accompagnons un dossier →